CADEAUX IMPÉRIAUX

Une vente comme on les aime ! Réalisée sur place – l’adresse exacte sera révélée la veille de l’exposition –, elle verra la dispersion de l’entier mobilier d’une superbe propriété située sur les hauteurs de Villefranche-sur-Mer – avec une vue imprenable sur la côte méditerranéenne –, parfaitement entretenue et décorée dans un goût à la fois classique et sûr. S’y offriront du mobilier provençal, une collection de jarres anciennes comprenant une centaine de pièces, estimées entre 200 et
400 €, ou encore une malle Louis Vuitton à tiroirs formant secrétaire, en toile monogrammée, cotée 12 000/15 000 €, ou un grand Paysage en campagne peint en 1865 par Emmanuel de Coulange-Lautrec, prisé 6 000/8 000 €.
L’art moderne sera illustré par un vase ovoïde de Camille Fauré, en cuivre émaillé à décor géométrique (3 000/4 000 €), et par un ensemble de paysages du peintre impressionniste anglais Wynford Dewhurst (1 000 à 5 000 € pièce), ayant vécu une grande partie de sa vie en France et écrit un ouvrage sur Claude Monet et les débuts de l’impressionnisme.
Du plus pur style néoclassique, une paire de plaques de porcelaine polychrome décorées sur les thèmes mythologiques de Jupiter et Ganymède et Jupiter et Io s’imposera par sa maîtrise picturale, tant pour le paysage que pour le nu féminin. Présentées dans leur cadre en bois doré d’origine, toutes deux portent sur le revers une inscription qui pourrait
indiquer une provenance impériale : «Acheter (sic) en 1809 à la manufacture / Impériale et royale de porcelaine / à Vienne / Napoléon,
Empereur des Français / Etant en possession de cette capitale / Août 1809». Une épigraphe qui rappelle que les armées françaises ont
occupé Vienne entre 1805 et 1809. Le traité de Schönbrunn, signé le 14 octobre 1809, marqua leur retrait, mais aussi la perte d’un grand nombre de territoires pour l’empire des Habsbourg, et l’alliance des deux États grâce au mariage entre Napoléon et la fille de François Ier d’Autriche, Marie-Louise. Un «petit cadeau» pour un Empereur tout-puissant qui aimait profiter des beautés culturelles des pays qu’il possédait, la manufacture de porcelaine viennoise – fondée en 1718 dans le palais d’Augarten à Leopoldstadt – étant, rappelons-le, l’une des toutes premières en Europe, après celle de Meissen.

SAMEDI 26 et DIMANCHE 27 MAI 2018, VILLEFRANCHE-SUR-MER. CARVAJAL OVV. M. LEGRAND.

Manufacture de Vienne, vers 1809. Paire de plaques de porcelaine polychrome figurant Jupiter et Ganymède et Jupiter et Io, signés «L. Herr» pour Laurenz Herr (vers 1787-1845), décorateur entre 1804 et 1828 de la manufacture, 32 x 31 cm (sans les cadres).

Estimation : 8 000 / 10 000 €

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