Figaro PACA - Novembre 2011

Figaro Magazine PACA - Novembre 2011

Les valeurs sûres de l’art en région

Provence-Alpes Côte d’Azur foisonne de talents nouveaux et d’artistes déjà reconnus. Qui sont les plus cotés ? Où peut-on dénicher leurs œuvres ?
Des professionnels nous éclairent. 

Délicat chemin entre le cœur et la raison, acquérir une œuvre contemporaine se savoure et se prépare. « Je conseille au collectionneur amateur qui marque de l’intérêt pour une œuvre, de s’intéresser de près au travail de l’artiste. Qu’il n’hésite pas à se déplacer pour voir dans plusieurs expositions ce qu’il produit, et comprendre l’œuvre avant de la posséder. Ce n’est pas un objet de décoration, mais un objet de pensée avec lequel on vit, et qui aide à réfléchir », témoigne Yannick Gonzalez, fondateur de GalerieofMarseille, qui fixe les prix des œuvres avec les créateurs. Parmi les artistes régionaux dont la cote a rapidement progressé, Laurence Jenkell. Les énormes bonbons colorés qu’elle façonne à Vallauris sont maintenant connus partout dans lemonde. « Il ne se passe pas une semaine sans que jevende un Jenkell », assure-t-on à l’Opera Gallery à Paris. Les plus petites pièces cotent 2500 €, les plus importantes 80000€. L’artiste expose beaucoup (actuellement à l’aéroport de Nice Côte d’Azur) et apparaît dans les salles de vente. te récurrence fait grimper sa cote…

Sacha Sosno, artiste phare
Autres valeurs sûres des Alpes-Maritimes, le peintre Patrick Moya, et le sculpteur Sacha Sosno, tous deux représentés par la galerie niçoise Ferrero, qui a bâti sa renommée en défendant les artistes de l’École de Nice. « Depuis la mort d’Arman, Sosno est l’artiste numéro un de la région. Une œuvre unique en marbre ou en bronze se vend 5 à 20000€. Un petit format de Moya 400 €, un plus grand 4000€ », précise Guillaume Aralqui dirige la galerie. Il défend aussi le travail de Youn, une jeune Coréenne installée à Nice. « Ses sculptures sont représentatives d’un art ludique, facile d’accès, plein de joie de vivre. Elle plaît beaucoup. Il y a sept ans, nous vendionsses premières œuvres entre 10 et 15000€, entre20 et 35000€ aujourd'hui ». Quand il s’agit d’investir, toute la question est : ce succès va-t-il durer ? « Il estdifficile de savoir quelle œuvre et quel artisteprendra de la valeur dans le temps », avoue Gilles Carvajal, commissaire-priseur à Antibes. Dans ses enchères mixtes, les œuvres contemporaines datent de la deuxième partie du XXe siècle. « Sur le second marché, on peut trouver à 4 000 € des petites pièces de la période ancienne d’Arman, comme cette gouache originale de 1972. Yves Klein ayant moins produit, il se situe autour de 20 à 30000€. César est plus difficilement abordable ». Il conseille les non avertis de bien se renseigner avant d’enchérir, de scruter les catalogues de vente, et de demander conseil à des commissaires-priseurs qui connaissent la valeur du marché. « Il est toujours possible de faire de bonnes affaires, lorsqu’un lot n’a qu’un seul acquéreur »!

ALEXIE VALOIS