Nice Matin : Article du 14 Avril 2013

La saison de tous les prestiges

 

Le printemps marque traditionnellement le coup d'envoi de ventes spécialisées et prestigieuses dans la région.
Après un début d'année morose, ces sessions sont particulièrement attendues.

Cette année plus que d’autres, les beaux jours débarquent avec leur lot d’espérance sur le marché de l’art régional. Si le cap a été maintenu pour la majorité des salles de vente dans la tempête de morosité du début d’année 2013, le printemps, et ses traditionnelles ventes de prestige, sont attendus comme le déclencheur d’une nouvelle phase.
«Il y a un ralentissement depuis janvier, mais ça va repartir ; le marché a toujours été cyclique. Je suis optimiste !», clame ainsi Me Carvajal, Antibes.
A Cannes, Jean-Pierre Besch partage la même ferveur, rappelant que la période qui s’ouvre fait la part belle à ceux qui savent «se différencier». C’est-à-dire les spécialités aptes à prendre le pouls du marché et à anticiper les sensibilités au-delà des frontières, pour surfer sur l’afflux massif d’investisseurs et autres collectionneurs étrangers.
Le retour des beaux jours est donc une période où la rareté est scrutée, le choix calculé, bien que les comptes en banque soient souvent plus garnis. «Les belles pièces marchent mieux, même certaines au caractère un peu anecdotique. J’ai, par exemple, bien vendu un dessin de Picasso détenu par l’une de ses proches infirmières», explique le commissaire-priseur cannois.
 
Prestige pour tous
 
Si les sessions de prestige ne se limitent pas à cette époque de l’année, il est des évènements qui témoignent de l’engouement grandissant à l’approche de l’été. Comme le Salon des Antiquaires d’Antibes (du 20 Avril au 6 Mai, Port Vauban). «C’est devenu une habitude depuis mon installation, il y a trois ans : chaque année, je profite de cet évènement - l’un des meilleurs sur la Côte, avec une certaine tenue et qui draine une belle clientèle - pour faire une vente de prestige», avoue Gilles Carvajal.
Samedi prochain (20 Avril), une vente de peintures, mobiliers, objets d’art ou encore bijoux à forte connotation du XX° siècle - en vogue - lancera ainsi la saison. Avec en lot phare, un piano à queue style Louis XV, fabriqué sur commande d’un particulier en 1908 et extirpé d’un appartement niçois, mis en vente entre 8000 et 12000€. «C’est un piano exceptionnel, qui correspond à l’engouement actuel pour le mobilier type Napoléon III, notamment au Moyen-Orient.»
Et, prestige ne rime pas qu’avec élitisme : «Malgré le caractère de prestige, ce sont des ventes faites pour toutes les bourses et tous les goûts», glisse Me Carvajal. «Elles mélangent des lots de 300 à 250000€», confirme Jean-Pierre Besch.
 
Thomas Michel